Il y a un moment précis où vous comprenez que vous avez fait le bon choix : c'est quand votre fils de six ans, assis à l'arrière du van, regarde par la fenêtre et dit « c'est quoi ce truc qui crache de l'eau ? ». Il vient de voir son premier geyser. Dix minutes plus tôt, il se plaignait d'avoir faim. Cinq minutes plus tard, il aura oublié qu'il avait faim. C'est ça, voyager en famille en Islande en van : un enchaînement de scènes où le paysage fait le travail que vous auriez dû faire à sa place pour l'occuper.
Je ne suis pas un baroudeur de l'extrême. Je suis un parent qui a testé le van en Islande avec deux enfants de six et neuf ans, sur onze jours, en juillet. Nous avons dépensé un peu moins de 5 800 € pour quatre, tout compris. Et nous avons fait trois erreurs qui nous ont coûté du temps, de l'argent, et une nuit franchement désagréable.
Cet article ne va pas vous vendre du rêve islandais. Il va vous donner les chiffres réels, les règles de camping que personne ne lit avant de partir, et ce qui change concrètement quand on voyage avec des enfants en bas âge dans un pays où il fait presque jour à minuit.
Points clés à retenir
- Comptez entre 1 400 € et 2 400 € de location de van pour 10-12 jours en haute saison, selon la taille et le loueur.
- Le camping sauvage en bord de route est interdit en Islande dans la majorité des zones touristiques ; les amendes coûtent cher.
- Les sièges auto ne sont pas systématiquement inclus : demandez-les explicitement, et vérifiez la norme avant de signer.
- Le soleil de minuit casse le sommeil des enfants. Prévoyez masques et rideaux occultants dès le premier jour.
- La période idéale avec des enfants n'est pas juin-juillet par défaut : juin est plus calme, moins cher, et les routes F ouvrent souvent en fin de mois.
Quel budget réel pour un voyage en famille en Islande en van ?
Personne ne le dit clairement dans les blogs que j'ai lus avant de partir, alors je vais poser les chiffres. Famille de quatre, onze jours, juillet, van aménagé de taille moyenne (quatre places, deux couchages adultes + deux couchages enfants en tente de toit ou banquette convertible).
| Poste de dépense | Montant pour 11 jours | Remarques |
|---|---|---|
| Location du van | 1 850 € | Réservé en février pour un départ en juillet |
| Carburant | 430 € | Environ 1 400 km parcourus |
| Campings | 280 € | Environ 25 € par nuit pour une famille |
| Courses alimentaires | 520 € | Un mélange de supermarchés et deux repas au restaurant |
| Activités payantes | 340 € | Deux bains géothermiques, une sortie baleines |
| Vols depuis la France | 2 100 € | Quatre billets, bagages inclus |
Total : 5 520 €. On a ajouté quelques souvenirs et un plein de plus, on est arrivés autour de 5 800 €.
Pourquoi la location de van coûte plus cher qu'on ne le pense
Le prix affiché n'est jamais le prix final. Assurance gravillons (indispensable sur les pistes), franchise, frais de nettoyage, sièges auto, conducteur additionnel : tout s'ajoute. Mon erreur a été de comparer uniquement les tarifs de base. J'ai réservé chez un loueur moins cher et j'ai payé près de 300 € de plus en options au comptoir qu'avec l'offre un peu plus élevée mais tout incluse de chez un concurrent. Avouons-le, je ne l'avais pas vu venir.
Deux choses à vérifier impérativement :
- Les sièges auto sont-ils fournis, et à quelle norme ? En Islande, la réglementation suit les standards européens récents. Un loueur sérieux vous demandera l'âge et le poids de vos enfants.
- Y a-t-il un âge minimum requis pour les enfants dans certains véhicules ? Certains modèles avec tente de toit ne conviennent pas aux moins de quatre ans.
Camping sauvage : ce que la loi islandaise autorise vraiment
Le camping sauvage en Islande a longtemps été toléré presque partout. Ce n'est plus le cas. Depuis plusieurs années, les autorités ont durci les règles pour limiter l'impact touristique sur les zones fragiles. Concrètement, aujourd'hui :
- Dans les zones de conservation et les parcs nationaux, le camping sauvage est interdit, même pour une nuit.
- Sur les terres privées, il faut l'accord du propriétaire.
- Le long des routes très fréquentées du sud de l'île, vous serez systématiquement redirigé vers un camping officiel.
Les amendes existent et elles ne sont pas symboliques. Nous avons vu une famille se faire verbaliser près de Vík pour une nuit passée sur un parking. Franchement, je comprends la règle : si tout le monde s'installe où il veut, le pays ne tient pas.
Bonne nouvelle : les campings islandais sont bien équipés. Douches chaudes, cuisine commune, parfois une aire de jeux pour les enfants. Le prix moyen tourne autour de 25 à 35 € la nuit pour une famille en van.
Voyager en Islande en van avec de jeunes enfants : ce qui change vraiment
La question que l'on me pose le plus souvent, c'est : « est-ce que c'est gérable avec un enfant de deux ou trois ans ? ». Ma réponse honnête : oui, mais pas sur le même itinéraire.
Avec un tout-petit, vous ne ferez pas de randonnée de trois heures à Landmannalaugar. Vous ne ferez pas non plus de la route tous les jours. Le rythme change complètement. Nous avons fait onze jours avec des enfants de six et neuf ans, et même à cet âge, nous avons dû couper deux étapes prévues parce que la fatigue accumulée était trop forte.
Comment gérer le soleil de minuit avec un enfant qui ne veut pas dormir ?
En juillet, il fait jour presque toute la nuit. À minuit, on lit encore les panneaux de signalisation sans lampe. Pour un enfant, cela signifie une chose simple : son cerveau ne reçoit pas le signal du coucher.
Ce qui a fonctionné pour nous :
- Un masque de sommeil par enfant, acheté avant le départ et testé à la maison.
- Des rideaux occultants collés aux fenêtres du van dès le premier jour.
- Un rituel fixe : histoire, lumière tamisée, même heure chaque soir, quelle que soit la luminosité dehors.
Résultat au bout de trois nuits : les enfants dormaient à 21 h 30 malgré le soleil. Mais la première nuit a été un désastre. Ne partez pas en pensant que cela va se régler tout seul.
Le froid est-il un problème en été ?
Oui, mais pas celui auquel on pense. Les températures estivales tournent souvent autour de 10 à 14 °C, avec du vent qui peut faire chuter la sensation à cinq degrés. Le vrai problème n'est pas le froid, c'est le vent et la pluie combinés. Prévoyez des couches imperméables pour tout le monde, y compris les enfants, et des chaussures qui sèchent vite.
Quelle période choisir avec des enfants ?
La réponse dépend de ce que vous acceptez de sacrifier. Juin et juillet offrent le plus de lumière et la météo la plus stable. Mais c'est aussi la période la plus chère et la plus fréquentée.
Pour une famille avec des enfants en bas âge, je recommande la seconde moitié de juin. Les routes principales sont ouvertes, les campings sont moins bondés, les tarifs de location sont en moyenne 15 à 20 % inférieurs à ceux de juillet. Les routes F, celles des hauts plateaux, ouvrent souvent à cette période mais pas toujours : renseignez-vous avant de construire un itinéraire qui en dépend.
Fin août est aussi une bonne fenêtre. Moins de monde, des prix qui redescendent, mais des journées qui raccourcissent nettement. Avec des enfants, ce n'est pas forcément un mal.
Un itinéraire réaliste pour onze jours, sans courir
Nous avons fait le sud de l'île, sans monter dans les hauts plateaux. Voici ce qui a bien fonctionné :
- Reykjavik, deux nuits sur place pour l'atterrissage en douceur.
- Cercle d'Or, une journée entière en comptant les pauses imprévues.
- La côte sud jusqu'à Vík, en s'arrêtant à chaque cascade sans culpabiliser.
- Skaftafell et le lagon glaciaire, deux jours, avec une nuit au camping.
- Retour par la même route, avec deux nuits différentes pour varier les campings.
Ce qui a mal tourné : nous avions prévu de pousser jusqu'aux fjords de l'Est. Nous avons renoncé au bout de trois jours. Trop de route pour des enfants, et honnêtement, le sud de l'Islande suffit largement pour un premier voyage. Ne construisez pas un itinéraire de tour complet de l'île avec des enfants de moins de huit ans. Vous passerez vos journées en voiture.
Ce que je retiens de ce voyage, ce n'est pas la performance de faire le tour de l'île. C'est le silence de ma fille devant le lagon glaciaire, les pieds dans des chaussures trempées, à regarder les icebergs dériver. Le van, à ce moment-là, n'était plus un moyen de transport. C'était la seule maison qu'elle connaissait depuis dix jours, et elle s'y sentait bien. Je crois que c'est ça qui fait qu'on recommence.